« Le Festival International des Arts du Clip et CielEcran présentent en exclusivité, dans une cinquantaine de salles de cinéma en France, un programme exceptionnel : les meilleurs clips de Michael Jackson en son 5 .1 et spécialement remastérisés pour le grand écran. Une occasion unique de voir pour la première fois au cinéma ses plus grands clips ! »
Can you feel it, les cinémas français \ »rendent hommage\ » à Michael Jackson
Voilà ce que nous promet le communiqué de presse. Alléchant n’est-ce pas ? J’ai donc trouvé un moyen d’aller à l’une de ces projections, plus précisément à celle du Gaumont-Pathé de Vaise, à Lyon. Impressions…

Dimanche 29 août, 17h45
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Michael… Comme la plupart de ses fans, aujourd’hui, je me suis réveillée en ayant une pensée pour lui. En un an, j’ai fini par faire mon deuil, mais ce genre date à une valeur toute particulière. Ne voulant pas sombrer dans la tristesse, j’étais ravie, il y a quelques semaines, lorsque j’ai appris qu’une association mettait en place un événement pour célébrer l’anniversaire de Michael. J’espérais pouvoir passer un moment joyeux où l’on célèbrerait dans le respect ce jour magique que représente celui de la naissance du Roi de la Pop.
17h45 donc, j’arrive devant ce cinéma qui m’est inconnu. C’est un de ces nouveaux complexes. En récupérant ma place, j’observe autour de moi et repère les premiers indices : une petite pancarte, l’affiche, et les premiers fans arborant des t-shirt à l’effigie de notre idole (j’aurais vraiment dû mettre le mien !)… La file d’attente grossit. Je suis contente. Il y aura du monde.
On nous distribue un programme. Je le lirai dès que je serai assise.
J’entre. La salle n’est pas pleine mais j’aperçois déjà des fedora et autres gants à sequins. Je m’assois au troisième rang. L’écran est grand et il va peut-être falloir tourner la tête de droite à gauche pour tout voir, mais ça vaut le coup.
Première déception : pas de chansons de Michael pour attendre le début de la séance. Quel dommage.
Mais un fan avec un veste à paillette noire, un gant et un chapeau installé au premier rang se lève pour poser devant ses amis et les laisser prendre quelques photos (je n’ai pas été assez rapide… visiblement, je n’ai pas l’âme d’un paparazzo (et tant mieux pour moi !)). L’ambiance est au rendez-vous. La tension monte alors que 18h approche.
Les lumières s’estompent. L’écran s’illumine. Les applaudissements envahissent la salle.
Fond rouge. Texte blanc. On peut lire un texte faisant l’éloge de Michael, le plus grand artiste de tous les temps, par son talent et les records qu’il a battus.
Les premières notes retentissent. Ce sont celles de « Can You Feel It », des Jacksons, et de cet ovni « vidéo-clipesque » (oui j’aime bien inventé des mots), qui m’a toujours laissée coite et fait penser à Rencontre du Troisième, ce film des années 80 réalisé par Spielberg. Dans la salle, les yeux s’illuminent comme la poudre brillante que lancent les cinq frères au-dessus de la ville. Bref, c’est parti pour 2h30 !
Par contre, la qualité de l’image est très moyenne… Je mets ça sur le compte de l’âge de cette vidéo (30 ans quand même…). La suite contredira ma recherche d’excuse…
Comme les terriens apeurés et subjugués à la fin du clip, certains spectateurs se prennent les main et les lèvent bien haut.
Écran noir. Puis on entend une voix féminine prononcer quelques paroles swahili. C’est « Liberian Girl ». Tout le monde chante (même si les voix sont recouvertes par le son du clip) et reste calme tout au long de la chanson… jusqu’à l’apparition de Mike, où les filles crient à tue-tête !
La foule est toujours aussi enthousiaste, comme on peut le constater avec le clip suivant, Black or White, lorsque certains se mettent à réciter le texte de Macaulay Culkin dans l’intro, puis tapent des pieds et des mains en rythme et vont même jusqu’à mimer les gestes du « rap ».
Bonne surprise : il s’agit de la version longue, avec la panthère et la fameuse scène qui a fait scandale à sa sortie (tout cela est remémoré dans le programme qu’on nous a distribué, au cas où la mémoire fasse défaut). Applaudissements et acclamations emplissent une nouvelle fois la salle, et spectatrices comme spectateurs attendent avec impatience la scène de la braguette (tout cela dans une ambiance souriante et bon enfant, bien entendu).
Les clips se suivent, avec leurs lots d’applaudissements, de tapages de mains et de pieds, de « Whoooo » à chaque sourire de Michael ou de « Haaaaaaa » lorsqu’il embrasse ses jolies partenaires. On chante, on crie, on dodeline de la tête, on applaudit… On vit quoi !
La foule connaît son sujet. On a bien ici affaire à des fans, qui connaissent les chorégraphies (notamment celle de « Beat It » maintes fois reprises ces derniers mois dans les flash mobs) et les refont dans leur siège (oui oui, c’est assez cocasse).
Les trois premières parties se déroulent donc dans l’excitation et l’agitation. On s’amuse, on partage ce moment, on célèbre dans la joie.
Puis, comme je l’avais vu dans le programme, j’attendais la dernière partie avec une certaine appréhension. « Michael Jackson : ses combats et engagements ». Séquence émotion à coup sûr…
Cette partie commence avec « We Are the World ». Très vite, les mains se lèvent et se balancent. Tout le monde entonne ces paroles toujours aussi poignantes 25 ans après leur écriture. Ça y est. L’émotion est là. Et elle ne partira plus.
Le silence s’impose pour « Earth Song » et règnera pour « Stranger in Moscow » et « Cry ». Les spectateurs frapperont tout de même dans leurs mains comme le font ces hommes et ces femmes qui participent à cette immense chaîne humaine dans le clip.
Nouvel écran noir.
Je sais ce qui arrive. La dernière chanson. Celle que je redoute le plus. Celle qui, depuis le mémorial du 7 juillet 2009, m’arrache les larmes. La voix grave de Michael et les chœurs qui l’accompagne font vibrer la salle…
In our darkest hour
In my deepest despair
Will you still care?
Will you be there?
In my trials and my tribulations
Through our doubts and frustrations
In my violence
In my turbulence
Through my fear and my confessions
In my anguish and my pain
Through my joy and my sorrow
In the promise of another tomorrow
I’ll never let you part
For you’re always in my heart
Le silence est lourd. Des notes de piano retentissent (la Gymnopédie n°2 d’Erik Satie) alors qu’apparaissent les dates fatidiques, en blanc sur fond noir. Il est temps de partir.
Un coup d’œil indiscret sur les spectateurs qui s’agitent doucement révèlent que ces dernières minutes ont été éprouvantes.
On garde un souvenir ému, et j’essaie de garder plutôt l’impression plaisante que, pendant 2h30, nous avons tous pu partager un moment spécial, pour célébrer la naissance de l’artiste le plus talentueux de tous les temps.
Pour conclure, on regrettera la qualité médiocre du son et de l’image, loin d’être à la hauteur des attentes suscitées par l’annonce du communiqué de presse (« son 5.1 » et « images remasterisées », vous êtes sûrs ?) et on évitera de soulever le débat commun sur la tentation d’utiliser la dévotion des fans à des fins mercantiles. Par contre, on ne peut que se réjouir que ce genre d’événements soit organisé pour faire perdurer la mémoire de Michael Jackson.
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